Cette plaquette est celle de la MEMOIRE et aussi celle de l’Héritage .

Francis Chirat  a bien voulu réaliser à des fins pédagogiques ce  digest de l’Histoire du grand maquis de l’Aigoual Cévennes et son environnement dans l’Armée secrète des Mouvements Unis de la Résistance .

Pour la Mémoire , dans cet historique de l’Aigoual Cévennes , grand et glorieux rassemblement dont l’existence fut courte , il y a la saga d’une bonne partie de la Résistance M.U.R. du Gard ,concernant ses maquis de l’Aigoual , mais aussi leur mouvance , de Nîmes, Le Grau du Roi, Sommières et même Ganges, étroitement uni à Lasalle, Saint Hippolyte du Fort et Valleraugue.
C’est la mémoire d’une résistance populaire , encadrée par des hommes courageux , volontaires , qui n’étaient pas préparés à ces lourdes responsabilités et qui surent les assumer , avec raison et sans défaillance .

La montée en puissance de cette résistance, surestimée par l’adversaire, lui donna un grand rayonnement dans notre département.

C’est aussi, la mémoire d’un pays de montagne moyenne, mais très accidentée, dont les pentes ont été habitées depuis plus longtemps qu’on ne le pense, sorte de refuge dans lequel s’est perpétuée une tradition d’accueil et de LIBERTE.
Le grand rassemblement de l’Aigoual Cévennes a été la mise en œuvre d’une option, parmi d’autres,envisagée par Alger et concourrant à leurrer l’ennemi quand au lieu du débarquement prévu dans le midi de la France .

  1. Voici quelques dates :
  1. Le 13 06 44 à Sumène , Marcel Bonnafoux « Marceau » rencontre Antoine Cassé , responsable gangeois , proche du colonel J.Picard « sultan » , délégué militaire de la Région 3
  1. Le 16 06 44 à Cornély :retentissante victoire du maquis de Lasalle sur l’ennemi;
  1. Le 22 06 deux messages de Sultan à Alger :
  2. L’un traitant du projet de former un centre d’instruction et de mobilisation dans l’Aigoual , avec le maquis de Lasalle et celui d’Ardaillers .
  3. L’autre informant Alger de la victoire de « Cornély »A ce sujet , le moins que l’on puisse dire est que ce succès ,unique dans la région , n’a pas eu la consécration qu’il aurait mérité .
  1. Le 12 07 début du rassemblement à l’Espérou .
  2. Le commandement militaire du rassemblement fut donné au colonel Matignon dit « Colas » désigné par « Sultan »(colonel Jean Picard) ;
  3. La direction civile restant aux chefs des maquis fondateurs dans un organisme de cinq membres :le directoire de l’Aigoual Cévennes . Et dans cette structure Marcel Bonnafoux , le cdt Marceau  exerçait deux fonctions : membre du Directoire et chef militaire adjoint . Rien ne pouvait se décider sans son approbation et d’ailleurs sa volonté constante de « porter des coups à l’ennemi » fut toujours la plus forte  Et ce jusqu’à cette aube dramatique du 10 août 1944 où l’ Aigoual Cévennes perdit son chef de guerre.

     Le grand Maquis a eu un comportement plus qu’honorable dans les combats  pour la Libération comme le rappellent les inscriptions brodées en lettres d’or sur son vieux drapeau .

      Passé à l’offensive dès le 15 août 44 il s’est déployé sur la ligne pont d’Hérault, Ganges, Saint Hippolyte du Fort ,Quissac , Sommières ,   accrochant presque toutes les colonnes et formations ennemies , leur occasionnant des retards préjudiciables et des pertes importantes comme Marceau l’avait voulu .

  Prévue  longue et difficile par le planning allié , la Libération du midi de la France fut subitement accélérée par le repli du dispositif militaire allemand (sauf Toulon et Marseille) que le chancelier Hitler se résigna à ordonner le 17 août .

        Après la libération du Gard , les composantes extérieures de l’Aigoual Cévennes –comme le groupement de gendarmerie de l’Hérault- s’en retournèrent , de nombreux volontaires partirent vers le front avec la brigade légère du Languedoc , d’autres servirent dans l’ armée ou dans des unités territoriales , d’autres encore rentrèrent dans leurs foyers .

      Puis vint le temps de la mémoire , au flambeau solidement tenu par les chefs historiques des vieux maquis , sur les hauts lieux de cette résistance populaire dont de nombreux combattants eurent le privilège de mener sur leur terre un juste combat pour la Liberté .
Nous sommes maintenant au temps de l’Histoire .Il y a beaucoup d’écrits sur la Résistance , mais , l’histoire , toujours remaniée , est le travail des historiens après un délai de décantation nécessaire pour que puisse être écrite une relation aussi dépassionnée aussi exacte que possible .

C’est ce que font , en particulier ,les enseignants qui veulent bien œuvrer pour la mémoire en apportant leur aide aux derniers survivants pour le concours national de la Résistance et de la Déportation . Ils sont nos amis .

Enfin , parce que nos rangs s’éclaircissent de plus en plus vite , est venu le temps de l’héritage que nous avons voulu placer en de bonnes mains .

Cela a été possible grâce à l’entente régnant chez les anciens de l’Aigoual Cévennes , sous la houlette oh combien amicale et attentive de Jean Guiraud   qui pendant 20 ans fut un président proche de tous . Tout se fit dans les meilleures conditions possibles , parce que des enfants , des petits enfants de déportés , de maquisards , de résistants , de vieux amis acceptent d’assumer pour l’avenir ce devoir de mémoire auquel ils participent depuis longtemps .

Ils nous ont montré ce dont ils sont capables à l’occasion du soixantième anniversaire de la victoire de Cornély ,et de la libération du département .
Aigoual Cévennes continue

Colonel (ER) JeanCastan
Ancien chef militaire du maquis Aire de Côte
Ancien chef du corps franc
Chef militaire adjoint Aigoual Cévennes