Saint Hippolyte du Fort
 

 

En février 1944, St Hippolyte du Fort est une ville calme , où l'on vit dans l'attente du débarquement (ce sera pour cette année) .  Les habitants ont connu les troupes  d'occupation  mais aucune exaction n'a eu lieu .
La résistance s'occupe surtout de fournir aux réfractaires des cartes d'identité , des cartes d'alimentation et des endroits sûrs pour se cacher .
Ces réfractaires sont nombreux .Ils ont simplement refusé de partir en Allemagne au Service du Travail Obligatoire  (S.T.O.) Certains vivent isolés , d'autres regroupés , comme au hameau de Driolle où ils gagnent leur vie en coupant du bois .
De manière générale , on a de plus en plus confiance , on se méfie de moins en moins de l'occupant , pourtant toujours redoutable .
Parfaitement instruits des déplacements successifs des différents maquis et des lieux où se cachaient les réfractaires ,les troupes    d'occupation  considèrent comme une provocation intolérable     l'activité de tous ces groupes dont ils surestimaient certainement le nombre et l'armement . Elles décidèrent de purger la région par un vaste coup de filet très soigneusement mis au point grâce à la complicité de collaborateurs locaux .
Dans la nuit du
27 au 28 février 1944 des S.S. de la 9° division    blindée entreprirent le « nettoyage » d'un vaste secteur   comprenant entre autres ,Valleraugue (maquis d'Ardaillers) Lasalle (maquis de Lasalle ) Driolle ,(lieu de résidence de réfractaires )  St  Hippolyte du Fort  où les S.S installent leur quartier général au  château de Planque (route de Lasalle) .

La situation  en août 1944
   
Suite au débarquement de Provence le 15 août 1944 les divisions allemandes situées à l'ouest du Rhône reçoivent l'ordre de repli .
Venant de l'Aquitaine , de Tarbes , de Toulouse , etc toutes ces forces traversent le département du Gard par route  et voie ferrée en deux vagues successives . La première , du 13 au 20 août , la seconde du 18 au 28 août .
La première vague est accrochée par le maquis Aigoual Cévennes à Alzon où les maquisards font sauter le tunnel , à Pont d'Hérault  , dans les gorges de la Vis , à l'Eglisette entre Ganges et St Hippolyte .
La deuxième vague , constituée en  4 ou 5 groupes de marche  , très fortement armée , passe par Sommières pour la colonne dite « de St Pons ».
La colonne de Toulouse , motorisée , rapide , forte de 2 000 hommes aborde Ganges le 24 août .Après de lourdes pertes infligées par les maquisards de l'Aigoual Cévenne
s et les résistants de  Ganges  la colonne se regroupe à Ferrières les Verreries et tente le passage par St Hippolyte du Fort tenue par  le maquis Aigoual Cévennes .
Après de durs combats la colonne disloquée prend la route de Tornac , laissant de nombreux tués et blessés ainsi que 250 prisonniers , des véhicules , des camions , des armes lourdes  , etc .
Dans l'après midi cette colonne est arrétée à La Madeleine , Tornac par des guérilleros espagnols et des F.T.P ,  renforcés par d'autres éléments .
Une grosse partie du convoi effectuera sa reddition : environ 4 à 500 prisonniers , des pièces d'artillerie , des camions  …..
La troisième colonne dite « de Rodez » aborde Sommières où après de très durs combats elle se rendra . A signaler que grâce au courage et à l'intelligence de
Samuel Edmond Viala ,grand invalide de guerre et de son épouse 250 soldats furent faits prisonniers à Orthoux Sérignac .
Plus de 1 000 prisonniers , du matériel ,

La quatrième colonne « colonne de Cahors » pille tout sur son passage , accroche des maquisards à Quissac le 27 au matin ,tuant 5   maquisards .cette colonne sera mise à mal à St Just .

D'autres colonnes , d'importances diverses  , traversent notre département  , mais on ne peut citer toutes les actions de la Résistance gardoise où s'illustrent les Maquisards .
Par leurs combats et leurs actions de sabotage les maquisards causèrent des retards importants aux troupes ennemies, entraînant pour certains aucune chance de rejoindre le gros des troupes  se repliant ou même en les annihilant totalement (colonne de Toulouse)
Les Forces Françaises de l'Intérieur  (
F.F.I. ) ont bien aidé à la  Libération de notre département .

Le 25 août 1944 , un convoi d' Allemands en déroute arrive sur St Hippolyte . Ils sont pris à partie par les soldats du    maquis et les panneaux ayant été mélangés les véhicules  ennemis se retrouvent sur toutes les routes autour du village. Jean Jacques Salazet dit « Hardi » et Emile Villaret  dit « Millette » arrivent en renfort de Lasalle . Ils se trouvent face aux troupes allemandes et tombent sous les balles ennemies .
Ils sont morts le jour de la libération de notre cité .
Ils n'étaient pas d'ici et pourtant ils ont laissé leur vie pour les  Cigalois .
Ayons aussi une pensée pour
Henri Roque dit « Pinceau » mort dans les vignes de la Trivalle alors qu'il recherchait les nazis qui s'enfuyaient  .
Il n'avait guère plus de vingt ans .